vendredi 6 février 2009

IL était une Fois la Couleur de la Musique

Dans un tourbillon de sons et de lumière un Homme s'oubli.
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Le plancher vibre sous ses pieds, la foule danse et ondule autour de Lui, contre Lui. La chaleur de tous ces corps habités par le rythme. La sueur de la masse rend l'air humide et collant, chacune de ses respirations emplie du bonheur, de l'énergie, de la folie des autres.
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Des raies de lumières vertes et bleus traversent l'air autour et au dessus de Lui, par flash, aveuglant le bétail de l'immense piste de danse.
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Sans arrêter de bouger, avec sa sueur qui Lui coule dans les yeux, IL sort un petit sachet de la poche de son jeans usé. IL l'ouvre discrètement, tout en continuant à suivre le beat.

IL pige un petit comprimé bleu et le lance dans sa bouche d'un seul et même mouvement. Le mouvement de l'habitude.
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IL l'avale à sec, prêt au rush de salive qui emplie sa bouche dans les secondes qui suivent. IL est prêt à cette salive, acide et épaisse, qu'IL déteste tant. C'est un moindre mal pour la suite. La fabuleuse suite.
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IL prend une gorgée d'eau et se relance dans l'ambiance à corps perdu et danse sa vie. IL danse sa vie parce que pour Lui, c'est ça la VRAIE vie. L'extérieur, le jour, les obligations Lui semblent de plus en plus fade plus les semaines passent, plus IL découvre et redécouvre ces tous petits comprimés si magiques qui chamboulent et déphasent sa si triste routine.
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Les lumières.
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Les sons.
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Les gens.
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Tout se confond et tourne autour de Lui.
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Le petit comprimé de bonheur s'est dissout dans son corps rendu mince par des semaines de pur exaltation et sa substance si puissamment merveilleuse survolte ses nerfs, fonce dans son organisme qui hurle à la musique sa joie la plus animale.
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La musique bouge, les sons le frappent et le percutent, tout comme les gens.
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IL touche la lumière, IL l'entend. La lumière fait du bruit.
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Non, pas du bruit. Un son. La lumière chante.
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IL danse au son de la lumière.
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Des mains sur son corps. Des hanches contre ses hanches. Des lèvres sur son cou.
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Sa peau frissonne, ses cheveux semblent se dresser. La lumière caresse ses cheveux.
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La musique l'enlace et le caresse autant que ces mains et ces lèvres qui courent sur sa peau, qui laissent des traces sur son épiderme hyper-sensible.
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Sans cesse sa tête tourne d'un côté et de l'autre, ses yeux rendus noir par ses pupilles dilatées errent sur le troupeau de clubbers qui, comme un seul homme, vibre de tout le son de la musique. Ou de la lumière.
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On croirait que la pléiade de bateleurs bouge au rythme de la chaleur du dancefloor, comme une onde moite et vague qui bouge de manière endiablée.
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Tout est tellement flou mais tellement clair en même temps.
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Tout est musique.
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La vie est musique.
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Dans sa tête et dans son coeur IL est musique.
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Et IL a tellement raison. IL n'est que musique. Et pas que ce soir. IL l'est trois ou quatre soirs par semaine, sur la piste.
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Le reste du temps IL est de moins en moins quelqu'un et de plus en plus une ombre.
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L'ombre de son plaisir.
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L'ombre de Ses petits comprimés, parfois bleus, parfois rouges, parfois jaunes. Comme les lumières qui chantent dans les places qu'IL fréquente.
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Sa vie. Cette illusion fade et sans couleur qu'IL traverse dans l'attente toujours plus grand des ces couleurs qui chantent et de cette musique qui l'éclaire de sa magie éphémère et enivrante.
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Pour Lui la vie, c'est la magie des couleurs qui n'existent qu'en comprimés, qu'en lumière, qu'en musique.
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Les couleurs de la vie.




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